Préparer l’enfant à mieux recevoir l’apprentissage, c’est l’objectif de Félicitée !

Article de la Libre Belgique du 19 mars 2012 – Voir l’extrait du journal ici : PDF

Mens sana in corpore sano

Le chiffre: 1/4 des enseignants formés utilisent «Félicitée»

D’après la conceptrice de la méthode, Catherine Delhaise, au moins 5 enseignants sur vingt – ayant suivi la formation de deux jours – continuent de recourir régulièrement à «Félicitée». Un chiffre relativement honorable, estime l’intéressée: «Ce n’est pas mal du tout. Vous savez, c’est vraiment une question de conviction personnelle. Pour que la méthode fasse tout son effet, il faut y croire. Cela demande une certaine ouverture d’esprit.» Et la même d’insister: «C’est en pratiquant «Félicitée» tous les jours qu’apparaîtra un certain rituel. Et c’est ce rituel qui va créer des repères temporels permettant à l’enfant de mieux se structurer, de mieux s’organiser et d’être plus épanoui dans son corps.»

Auvelais. École Saint-François…

Auvelais. École Saint-François. Il est 8h30. Dans la cour de récré’, les parents et instituteurs discutent, les enfants s’amusent. Comme chaque matin, l’excitation est à son paroxysme. On retrouve ses petits camarades, on court, on saute, on se cache, on débat du dernier dessin animé de la veille, ou pour les moins jeunes d’entre eux, on se réjouit d’être le second jour de la semaine pour regarder, en rentrant le soir à la maison, son émission hebdomadaire musicale préférée.

8h40, il est l’heure de rentrer en classe. D’un pas assuré, Madame Dominique s’approche de son petit troupeau. «Deux par deux», s’écrie-t-elle immédiatement. Le ton est donné, les 23 petits bouts s’exécutent et se mettent sur-le-champ en rang d’oignons. Encore un petit détour par les vestiaires et voilà les élèves de troisième B qui investissent leur lieu de travail.

Dans cet espace confiné, le brouhaha initialement supportable se mue soudainement en une véritable cacophonie. Il est grand temps d’apaiser tout ce petit monde. «Guillaume, reprends les enquêtes de lectures s’il te plaît. Zoé, veux-tu bien ramasser les devoirs de calculs? On va commencer la méthode.» Inutile d’en dire davantage, chacun se met à sa place. Tandis que Léa ferme la porte de la classe, ses camarades se lèvent en chœur. Désormais postés derrière leurs bancs, les 23 petits corps s’immobilisent. «Tout le monde boit une grande gorgée d’eau», ordonne l’institutrice. Quelques rythmes africains en toile de fond et c’est parti pour six minutes de «Félicitée». «Mouvements croisées», lance Madame Dominique. A ces mots, 24 jambes se lèvent soudainement en l’air pour venir aussitôt former un X avec les membres inférieurs laissés au sol. Les genoux se plient, les mains s’agitent, les épaules s’enroulent puis se déroulent. «Et maintenant, on réveille le corps», poursuit la maîtresse d’école, une carte rose à la main. Les 23 gamins attrapent alors les lobes de leurs deux petites oreilles et se mettent à les masser. «Carte verte, ronds du bassin, on fait circuler l’énergie», enchaîne-t-elle. L’assemblée s’exécute. L’institutrice s’exclame ensuite: «Carte rouge pour enraciner». Revêtant soudainement des allures de guerriers, les enfants lancent à l’unisson un grand «Oh» avec force. Un moment exutoire qu’ils apprécient particulièrement, nous confiera Dominique Robaux ultérieurement. «Orange: exprimer, libérer, on y va», annonce-t-elle plus calmement. «Heureuse», «bien», «agressif», «endormi», «amoureuse»_chacun fait part de son émotion, de son ressenti du jour. Un parfum de quiétude emplit progressivement la pièce. «Lucas, quelle est la couleur de ton cerceau?» lui demande Madame Dominique. «Bleu clair», répond immédiatement le garçon. En effet, la carte mauve entend mobiliser l’imaginaire de l’enfant, lui faire définir les contours de son espace. La séance touche à sa fin. Avec la carte bleu foncé, on s’étire, on s’assied, on se détend et on travaille sur l’estime de soi. Les six minutes sont maintenant écoulées. Un calme impressionnant règne désormais en maître dans la classe de troisième B. Mais pour combien de temps? «Cela fait son effet pendant une bonne demie-heure», estime l’institutrice. Qui commente: «C’est énorme pour des enfants de cet âge-là (7-8 ans). Chez les tout-petits, je pense que cela dure encore moins longtemps.» Madame Caroline, institutrice en deuxième maternelle, le confirme. «Avec des petits bouts de 2-3 ans, la méthode est efficace pendant environ 15 minutes après la dernière carte.» Et de poursuivre: «Je la pratique tous les jours, c’est devenu un vrai petit rituel. Et un besoin aussi. Pour eux comme pour moi.» Car, si «Félicitée» a été conçue – sous la forme ludique d’un jeu de 47 cartes de couleurs – pour générer chez l’enfant un bien-être global et pour favoriser ainsi une utilisation plus performante de ses capacités d’apprentissage à l’école, c’est aussi pour aider les professeurs à se sentir mieux dans leurs corps qu’elle a été imaginée. «Moi, je ne saurais plus m’en passer», avoue Dominique Robaux. «Depuis que j’ai suivi la formation il y a un peu plus d’un an avec la conceptrice du projet, Catherine Delhaise, je la pratique quotidiennement», constate-t-elle. Et d’estimer: «Mais c’est une question de conviction personnelle. Vous ne pouvez pas forcer un enseignant à utiliser «Félicitée». Cela n’a pas de sens.»

 

Ici à Saint-François, la quasi-totalité des instituteurs maternels adhère et utilise la méthode. Dans le cycle primaire par contre, beaucoup restent réticents à l’idée de tester de nouvelles choses. «Pour ma part, je n’accroche pas du tout à ce genre de pratique. Je sais que je ne prendrais pas le temps de le faire chaque matin. Pou être honnête, je crois que j’aurais l’impression d’être ridicule devant mes élèves. C’est une question de caractère, c’est tout», témoigne Gaetan Joiris, institutrice en sixième primaire. Pour Marc Busard, directeur de l’école, opter ou non pour la méthode Félicitée, c’est effectivement une question de tempérament. «C’est un exercice qui requiert que l’on fasse beaucoup de gestes et de mouvements. Or certains professeurs n’apprécient pas cette forme d’extraversion. Il faut respecter cela.» Ainsi, si le corps professoral semble encore relativement timide face à la nouvelle méthode, du côté des enfants elle semble faire l’unanimité. «Si on ne fait pas l’exercice, je suis un peu énervée sur ma feuille et je ne parviens pas à travailler», raconte Léa. «Et moi, je suis moins concentrée», complète immédiatement Zoé. «La méthode me permet d’être moins fatiguée», constate Tonia. Quant à Aloane, c’est l’étape du verre d’eau qui a retenu son attention. «Le cerveau, c’est comme une éponge, nous dit Madame Dominique. Il absorbe l’eau qu’on boit. Grâce à cela, on peut mieux apprendre et mieux écouter.»

Aujourd’hui en Fédération Wallonie-Bruxelles, pas moins de 2500 enseignants sont formés à la méthode Félicitée. Huit cent vingt d’entre eux l’utilisent désormais à l’école.

Un chiffre non négligeable qui interpelle, une pratique grandissante qui fait du bien… au corps et à la tête.

3 Questions à Catherine Delhaise

Diplômée en gestion des ressources humaines, Catherine Delhaise est la conceptrice de la méthode Félicitée. Elle s’est formée à la kinésiologie et à la psychologie corporelle intégrative.

Votre projet est arrivé à maturité en janvier 2010. Quelle était votre intention en créant une telle méthode?

Je désirais mettre au jour des techniques permettant aux élèves de l’enseignement fondamental – âge d’or de la motricité – de mieux apprendre à l’école. Bien sûr, il m’a fallu du temps pour concrétiser ce projet. Au départ, j’ai travaillé avec des enfants en consultations individuelles, rencontres au cours desquelles j’ai pratiqué plusieurs méthodes. Par la suite, je me suis rapprochée des écoles en leur proposant des animations. C’est là que l’idée de concevoir une méthode sous la forme d’un jeu de 47 cartes de couleurs a jaillie. Chaque semaine, les élèves doivent piocher neuf cartes. Deux d’entre elles sont systématiques: «boire de l’eau» et les «mouvements croisés». Les sept autres correspondent chacune à une activité précise. «Félicitée» est construite sur base d’une courbe de Gauss: vous commencez par des exercices dynamiques, vous exprimez ensuite vos colères et frustrations via l’enracinement – pic situé au milieu de la courbe – enfin, vous revenez progressivement au calme.

Concrètement, quels sont les effets escomptés de «Félicitée» ?

Immédiatement après la méthode (qui prend une dizaine de minutes en moyenne), on constate une mise au travail plus rapide, une meilleure concentration et une plus grande réceptivité de l’élève. Ce dernier est aussi plus actif pendant le cours, canalise davantage son énergie et gère mieux son stress. Du point de vue de l’enseignant, on observe une diminution de la gestion des conflits, ce qui est positif pour lui. Globalement, l’ambiance est plus agréable en classe.

«Félicitée», une explication à ce label?

En fait, il s’agit du nom de l’étoile. Elle est présente sur chaque carte du jeu. C’est aussi le logo de notre ASBL. C’est celle qui est descendue du ciel pour aider les enfants à mieux utiliser leur potentiel. Elle a deux bras mais aussi deux jambes. C’est donc une étoile qui a les pieds sur terre. J’ai opté pour cette image parce que je voulais un personnage unisexe qui plaisent autant aux filles qu’aux garçons.

Épinglé: Quid des formations? 

Cadre scolaire mais pas seulement. La formation des enseignants à la méthode Félicitée se fait gratuitement dans le cadre des «journées pédagogiques». Il s’agit de deux jours d’activités espacés de trois ou quatre semaines. Dans cette optique, chaque instituteur peut tester la méthode une première fois en classe et ajuster le tir ultérieurement si nécessaire. Une travail de familiarisation indispensable, selon la conceptrice: «Au début, beaucoup de profs ne comprennent pas ce que je faisais avec les enfants. Ils ne voyaient pas l’intérêt des exercices. Je me suis donc rendue compte qu’ils devaient expérimenter la méthode sur eux-mêmes avant de la pratiquer avec les élèves.»

D’autres demandes de formations sont également satisfaites, notamment celles formulées par les écoles de devoirs, par les logopèdes ou encore par les parents.